Il est des personnes que l'on surnomme, et d'autres qui imposent leur propre surnom. Nous en connaissons surtout chez les artistes peintres, les écrivains ou les papes de l'Église catholique, beaucoup moins chez les personnes réelles. Le récit de la marque Patrick Rakotomalala, dit « Lalatiana Pitchboule », offre pourtant un tout autre point de vue. Plongeons dans cette marque personnelle singulière.

I.

Ce n'est pas l'âge, c'est le temps

Pour une figure et une marque aussi bien établies, la tentation serait grande de tout ramener aux 70 ans qu'il affiche. Certes, il y a l'âge ; mais il y a surtout l'engagement, qui s'inscrit dans le temps long. Quelque 290 billets d'analyse politique et sociale ont ainsi paru sur son blog Madagoravox depuis 2009, signe d'une constance dans le temps. Parallèlement, sa plume s'invite aussi, depuis la même année, dans les colonnes de Madagascar Tribune. Un canal personnel d'un côté, un canal plus public de l'autre : cette double présence dit à la fois la longévité de son engagement et la diversité de sa place dans le monde de l'analyse politique.

Un canal personnel, un canal public : une double présence qui dit la longévité de l'engagement.

L'apport de cette constance est sans doute la communauté qu'elle a rassemblée : des lecteurs dont certains sont devenus abonnés, voire admirateurs, et qui se nourrissent désormais de ses billets. À la fin des années 2000, son blog était un véritable espace de dialogue et d'échanges entre personnes partageant les mêmes intérêts, à une époque où les réseaux sociaux n'avaient pas encore l'effervescence que nous leur connaissons aujourd'hui. Déjà, la pertinence des sujets traités contribuait à bâtir, puis à consolider, son autorité et sa crédibilité.

II.

De l'omniprésent à l'incontournable

Sa marque personnelle touche à tant d'aspects qu'elle ressemble, à première vue, à un tas de nœuds difficile à démêler — et pourtant, elle forme bien une entité. Désormais, on le connaît comme le parrain de la diaspora malgache en France, à travers ses engagements chez ZAMA, association qui fédère les initiatives de la diaspora malgache, et chez Fact Madagascar, qui participe au financement des projets portés à Madagascar par les autres associations de cette même diaspora. Il a aussi cofondé le think tank Diapason, qui offre depuis la France des analyses sociologiques, économiques et politiques sur Madagascar. De ces trois institutions, c'est ZAMA qui s'impose aujourd'hui comme la plus identifiée : par son activité régulière et l'étendue de sa cible, elle est devenue une institution de la diaspora que l'on associe d'emblée à son nom.

Cet engagement prononcé, constant et durable en faveur de Madagascar lui a permis de se faire un nom au sein de la communauté de la diaspora malgache en France. Ce même engagement a également forgé son renom auprès des institutions qui travaillent sur la question des diasporas, comme le MAE ou l'AFD, entre autres. Il est ainsi passé du statut de figure engagée et omniprésente de la diaspora à celui d'interlocuteur incontournable.

Ce que mesure le PBPI

Constance, autorité, crédibilité, réputation : chez Patrick Rakotomalala, ces dimensions se sont accumulées année après année, bien avant toute recherche de visibilité. C'est précisément ce que notre indice propriétaire cherche à objectiver.

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III.

Deux noms, un caractère

Peu de gens parviennent à imposer leur nom de guerre, leur nom de scène ou leur nom de plume, à la différence de ceux que l'on a surnommés. L'exploit est d'autant plus remarquable lorsque le nom choisi dégage la force de « Lalatiana Pitchboule ».

Ce nom de plume n'est pas sans rappeler « pitbull », surnom que l'on donne volontiers aux avocats réputés pour leur agressivité procédurale, leur ténacité et leur franc-parler à l'audience. Or c'est bien à cela que l'on reconnaît l'homme : un franc-parler assumé sur la situation à Madagascar, en particulier à l'égard des décideurs et des acteurs du pays, au nom du collectif et des plus vulnérables. Il lui a d'ailleurs valu des ennuis avec certains régimes. La marque n'en démord pas : elle persiste et signe, littéralement, dans chaque billet de son blog.

Le trait le plus structurant de cette marque tient dans la dualité entre le nom civil et le nom de plume. Patrick Rakotomalala, c'est l'entrepreneur, le consultant, le fondateur d'institutions (ZAMA, Fact Madagascar, ISIKA) : une identité qui capitalise sur l'expertise et la crédibilité professionnelle. Lalatiana Pitchboule, c'est la voix qui commente, chronique et, parfois, provoque sur la société et la politique malgaches. Cette architecture de marque est plus fine qu'il n'y paraît : elle lui permet de tenir deux rôles a priori difficiles à concilier — le bâtisseur consensuel qui fédère la diaspora, et le polémiste qui prend position.

Cette marque n'arrive pourtant pas de nulle part : elle se bâtit sur le temps long, dans un contexte particulier. Le personnage, lui, est tout aussi polyvalent : économiste de formation, il a ensuite fait des études de pilote avant de devenir informaticien. C'est dans l'informatique qu'il s'est forgé avec le temps, en créant et en dirigeant deux centres de formation en informatique en France. Cette personnalité très active et affirmée ne laisse personne indifférent : elle marque par son aura.

Derrière ce caractère très marqué, au franc-parler et à l'activité débordante (même trop pour ses collaborateurs), se cache un personnage attachant et loyal en amitié. Ses collaborateurs les plus anciens le décrivent comme quelqu'un avec qui l'on se brouille, mais avec qui l'on se réconcilie, tant ses idées et ses aspirations sont nobles. Cette autre dualité reste parfois difficile à saisir pour ceux qui s'en tiennent à la forme. C'est pourtant ainsi, notoirement, qu'il parvient à fédérer divers acteurs de la diaspora et à gagner la confiance des institutions.

IV.

Une constance à prendre pour modèle

De ce parcours se dégage une leçon simple, mais qui demande de la patience : une marque personnelle forte ne se décrète pas, elle s'inscrit dans la durée. Chez lui, elle tient à trois choses. D'abord, le temps long : une plume régulière, année après année, bien avant que les réseaux sociaux ne s'emballent. Ensuite, une cause qui donne son sens à la parole — le collectif et les plus vulnérables — plutôt qu'une simple envie de se faire entendre. Enfin, une architecture assumée : deux noms, deux voix, mais une même cohérence de fond.

Reste ce que ce parcours dit du caractère : une marque personnelle n'a pas besoin d'être lisse pour être solide, pourvu que les idées qui la portent soient nobles et que l'engagement soit réel — de quoi se réconcilier, à chaque fois, avec ceux que le franc-parler aurait pu froisser.

C'est cette conviction que nous portons chez Quintessence Communication : accompagner chaque client vers une marque personnelle qui lui ressemble, aussi singulière et durable que celle de Patrick Rakotomalala.

Fortunat Andrianimanana

Fondateur de Quintessence Communication. Accompagne dirigeants et personnalités dans la construction et la gestion de leur marque personnelle.

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